Prenez le large...

LES CETACES

Sur pas moins de 85 espèces de cétacés répertoriées dans le monde entier, seule une vingtaine a fréquenté, au moins occasionnellement, la mer Méditerranée. Sur la base des informations de ces vingt dernières années, seules 18 de ces espèces peuvent désormais être considérées comme faisant partie du peuplement de cette mer. En sachant que la Méditerranée ne communique avec les océans que par le détroit de Gibraltar et par le canal de Suez, ce nombre peut sembler important.
Baleines et dauphins appartiennent tous deux à l’ordre des cétacés. Cependant, voilà 25 milliards d’années, le groupe des cétacés s’est divisé en deux sous-ordres pour fonder les cétacés modernes. On distingue depuis les « Odontocètes » et les « Mysticètes ».
Le sous-ordre des Odontocètes regroupe l’ensemble des cétacés à dents tels que les dauphins, les cachalots... Ils se nourrissent de poissons, d’autres mammifères, de crustacés, ou encore de calmars. Quant à lui, l’ordre des Mysticètes regroupe l’ensemble des cétacés à fanons, à savoir les baleines et les rorquals en ce qui concerne notre proche Méditerranée. Possédant à la place des dents des « moustaches » ou fanon leur permettant de filtrer leur nourriture composée essentiellement de petits poissons ou de petits animaux planctoniques.


Odontocètes
Dauphins, cachalots, globicéphales
Mysticètes
Baleines et rorquals

Cétacés à dents
Mâles plus gros que les femelles

Un seul évent (Narine)
Crâne asymétrique
Vivent en clan, relations sociales importantes

Cétacés à fanons
Femelles généralement plus grandes 

Deux évents distincts et juxtaposés
Crâne symétrique
Forment rarement des groupes


Ainsi, dans l’ensemble de la mer Méditerranée, une dizaine d’espèces sont rencontrées régulièrement, mais huit seulement composent l’essentiel de son peuplement, au moins dans le bassin nous concernant, le bassin occidental.

> Le dauphin bleu et blanc (Stenella coeruleoalba)

Le dauphin bleu et blanc est le cétacé le plus rencontré dans le bassin occidental, aussi bien que dans l’ensemble de la Méditerranée. Ailleurs dans le monde, on le rencontre notamment dans les eaux tempérées à chaudes de tous les océans. Toutefois il existe des différences (âge de maturité et longueur ; inférieur chez le dauphin bleu et blanc de Méditerranée vis-à-vis de ses congénères d’Atlantique nord-est) laissant à penser qu’il existe une population méditerranéenne de cette espèce. Cet odontocète mesure environ 2 mètres de longueur et pèse jusqu’à 100 kg à l’âge adulte et peut vivre jusqu’à 40 ans.


Sa pigmentation n’est autre que gris bleuté, foncé sur le dos, à gris très clair et blanc, flanc et ventre, avec une cape de la tête à l’aileron et une « écharpe » blanche bien délimitée. Sa tête est pourvue d’un rostre de dimension moyenne (« Bec ») et d’un melon assez marqué (« Front bombé »). L’aileron dorsal est de taille moyenne, de forme assez triangulaire ou falciforme. Rencontré en bandes d’effectif moyen (10 à 40 individus), on peut les rencontrer en bien plus grand nombre l’été venu. La rencontre de nourrissons est fréquente dans certains groupes, les naissances s’effectuant en été. Ils vivent surtout au-delà de fonds de 500 mètres.Sa réponse au bateau est variable, elle inclut souvent une visite à l’étrave et quelques sauts.Confusion possible avec son proche cousin le Dauphin commun, dont la pigmentation est différente (flancs et tête). En Méditerranée c’est une espèce commune.

dauphin

> Le dauphin commun à bec court (Delphinus delphis)

Le dauphin commun peut-être rencontré dans la globalité de la Méditerranée (Et aussi en mer Noire) et semble fréquent dans l’extrême sud et ouest du bassin occidental. Sa longueur dépasse 2 mètres à l’âge adulte, pour un poids avoisinant les 100 kg.


Sa pigmentation est grise foncée sur le dos avec un dessin en forme de sablier sur les flancs composé d’une plage jaunâtre à l’avant et d’une plage gris-bleu à l’arrière. Son ventre est quant à lui clair.
Sa tête est pourvue d’un rostre (« Bec ») assez long et d’un melon assez effilé (« Front bombé »). Le dauphin commun possède une allure assez svelte.
Son aileron dorsal est assez grand, de forme triangulaire ou falciforme, souvent gris foncé et marqué d’une tache blanche.
Rencontré en bandes d’effectif moyen de 10 à 40 individus.


Nourrissons : Comme pour le dauphin bleu et blanc, la rencontre de nourrissons est fréquente, les naissances s’effectuant également l’été.
Ils vivent souvent proche des côtes mais sont également présent au large.
Sa réponse au bateau est variable et inclut souvent la visite à l’étrave et quelques sauts.
Une confusion est possible avec son cousin le Dauphin bleu et blanc, beaucoup plus fréquent dans le nord de la Méditerranée. L’allure du dauphin commun étant toutefois plus « allongée ».
En Méditerranée c’est une espèce commune.


> Le grand dauphin (Tursiops truncatus)

Le grand dauphin est un odontocète de taille moyenne, il mesure environ 3,50 mètres de longueur pour 300 kg pour les grands adultes. Il peut par ailleurs vivre jusqu’à 50 ans.


Pigmentation : Gris moyen à plus clair sur le ventre. En Méditerranée, il n’est pas rare de distinguer une légère « écharpe » plus claire remontant sous la dorsale.
Sa tête est pourvue d’un rostre (« Bec ») assez court et épais, mais bien distinct du melon (« Front bombé »).
L’aileron dorsal est assez grand et de forme variable falciforme.
On le rencontre en petite bande de 5 à 25 individus.


Il vient sur les côtes, fréquemment sur le talus continental aussi, au large plus rarement.
Souvent il approche du bateau, réalise de courtes visites à l’étrave. Ses sauts sont assez fréquents. Il est parfois méfiant, selon le contexte.
Confusion possible : Son allure générale puissante, avec des mouvements d’émersions (Sortie de l’eau) amples, permet de distinguer le Grand dauphin des autres.
En Méditerranée c’est une espèce commune.

> Le globicéphale noir (Globicephala melas)

Le globicéphale noir est un odontocète sans rostre (« Bec »), dont la taille atteint environ 6 mètres pour le mâle et moins de 5 mètres pour la femelle, avec un poids maximal de 3 tonnes environ pour le mâle.


Pigmentation : gris foncé à noir, excepté une « ancre » blanche de la gorge au nombril.
Sa tête est dépourvue de rostre visible, elle comporte un melon (« Front bombé ») volumineux en forme de globe, très distinct chez les grands mâles.
Aileron : plus long que haut, il est recourbé vers l’arrière chez le mâle, et sa position est antérieure sur le corps. Pectorales coudées et très longues.


Rencontré en groupe d’effectif moyen de 10 à 60 individus, parfois à proximité d’autres espèces, c’est un animal très sociable pouvant même également vivre dans des groupes de près 100 individus.
Observation régulière en ligure et provençale, surtout en été. Il ne s’intéresse que peu au bateau, ou simplement par curiosité.
En Méditerranée c’est une espèce commune.

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> Le dauphin de Risso (Grampus griseus)

Le dauphin de Risso est un odontocète de taille moyenne dépourvu de rostre (« Bec »). Le mâle peut atteindre 4 mètres de long, pour un poids supérieur à 400 kilogrammes. Il peut vivre jusqu’à 50 ans, et se rencontre du talus continental au large.


Pigmentation : gris moyen à gris clair, parcouru de rayures rectilignes ; le jeune est gris avec une cape foncée, les vieux individus sont presque blancs.
Tête : dépourvue de rostre visible, elle comporte un melon en forme de globe avec un léger sillon médian.
Aileron dorsal : assez caractéristique car haut et falciforme (chez les adultes).
Il évolue en groupes de 5 à 50 individus, certains portant une multitude de balafres.
Tout comme le globicéphale noir, il ne s’intéresse que peu au bateau, une visite à l’étrave n’est cependant pas omise.
En Méditerranée c’est une espèce commune.

dauphin

> La baleine à bec de Cuvier (Ziphius cavirostris)

La baleine à bec de Cuvier, est un odontocète d’assez grande taille, le mâle et la femelle atteignant les tailles de 6 à 7 mètres pour un poids moyen de 2 à 3 tonnes. Vivant surtout dans les zones de reliefs sous-marins, il n’est pas rare de le rencontrer. Son observation est souvent difficile, son comportement étant des plus discret. Il plonge profondément, plus d’une heure, pour se nourrir de calmars.


Pigmentation : Gris moyen, avec une tache claire à blanche de la tête à l’aileron chez les individus âgés, ainsi que des rayures rectilignes.
Sa tête est pourvue d’un rostre (« Bec ») visible, et d’un melon bien distinct (« Font bombé »).
Ailerons : Son aileron dorsal est postérieur, assez triangulaire et de dimension moyenne. Quant à eux, ses nageoires pectorales sont très petits.
Cycle : Comporte des sondes de 15 à 80 mn, et des périodes de 3 à 10 mn à la surface ; il n’expose pas sa nageoire caudale en sondant et courbe le dos.
On le rencontre souvent en groupe de 2 à 6 individus.
Il vie proche de talus ou au large.

> Le cachalot commun (Physeter macrocephalus)

Le cachalot est une espèce dont la présence en Méditerranée est avérée depuis longtemps. Le mâle dépasse 16 mètres de longueur pour près de 40 tonnes, alors que la femelle ne dépasse pas 11 mètres. L’espèce est signalée dans toute la Méditerranée (Sauf mer Noire).
On la rencontre principalement au large ou à l’aplomb du talus continental. Et il peut vivre jusqu’à pas moins de 80 ans.


Pigmentation : Assez uniforme gris foncé à gris moyen, pouvant paraître marron ; des traces rectilignes ornent les adultes ; les flancs paraissent ridés.
Sa tête est très caractéristique avec son melon (« Front bombé ») presque carré (Mâle).
Son aileron dorsal, postérieur, assez triangulaire et aplati, suivi par le pédoncule caudal formant une crête bosselée. Comme la baleine à bec, il possédé des nageoires pectorales courtes.
Souffle : Très caractéristique puisque buissonnant et oblique.
Cycle : Il plonge à plus de 1000 mètres pendant 40 à 50 minutes pour chasser de gros calmars. Il sonde régulièrement de 30 à 80 mn, et réalise des périodes de 5 à 15 mn à la surface. Le cachalot respire plus de 40 fois.
Il évolue seul ou en groupes comptant jusqu’à 10 individus, on l’observe régulièrement du printemps à l’automne et ce partout dans le Sanctuaire Pelagos.


Selon le contexte, il s’intéresse au bateau par curiosité mais préfère le plus souvent l’évitement.
En Méditerranée c’est une espèce commune.

cachalot

> Le rorqual commun (Balaenoptera physalus)

On reconnaît le rorqual commun facilement à sa taille, à la puissance de ses souffles et à la pigmentation dissymétrique de sa tête. La mâchoire inférieure droite de ce mysticète est, en effet, blanche ou gris claire, alors que sa mâchoire inférieure gauche est gris foncé. Il mesure jusqu’à 22 mètres pour 70 tonnes et peut vivre 80 ans.


Pigmentation : Composée d’une zone blanche sous la mandibule droite, et de zones plus claires remontant vers le dos à l’avant du corps, surtout à droite.
Sa tête est bien profilée avec une crête longitudinale devant l’évent (Migration des narines vers le sommet de la tête), aux deux orifices distincts.
Son aileron dorsal est de forme variable, de taille moyenne, parfois entaillé.
Souffle : Assez visible selon la météo, allant de 4 à 8 m de haut.
Cycle : Comporte des sondes de 5 à 18 mn, et des périodes de 1 à 8 mn à la surface. Il courbe le dos à la sonde mais n’expose, en général, pas sa nageoire caudale.
Il vit isolé ou en petits groupes, souvent du talus au large, et se nourrit de petits crustacés planctoniques (Krill).
Réponse au bateau : Souvent indifférente.


Confusion possible avec les autres rorquals. Son souffle et son allure permettent de différencier le rorqual commun du cachalot.
En Méditerranée c’est une espèce commune, notamment dans le bassin occidental. On l’observe régulièrement du printemps à l’automne, partout dans le Sanctuaire Pelagos (Plus d’un millier l’été).

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rorqual

En plus de ces différents cétacés communément rencontrés dans les eaux de Méditerranée, nous avons également le plaisir de croiser quelques autres espèces.

> L’espadon

L’espadon tire son nom de l’italien « espadone » qui veut dire « grande épée ». Un nom qui lui colle à la peau quand on connait sa caractéristique principale qui n’est autre que son long nez dépassant, sans problème, le mètre de long.
C’est un poisson vif, imposant (Jusqu’à 5 mètres pour 530 kilogrammes) et rapide (90 kilomètres/heure) dégageant une grandeur quelque peu majestueuse.

> Le poisson lune

Le poisson lune ou môle est le plus lourd des poissons osseux, sa masse moyenne pouvant atteindre la tonne. Souvent rencontré dans les eaux tropicales, on le retrouve également dans les eaux tempérées de méditerranée ou il se nourrit principalement de méduses.
Ce poisson à la tête proéminente, sans queue, peut être aussi haut que long, nageoires comprises.

poisson lune

> Le thon

Nageurs véloces (80 kilomètres/heure) et mangeurs voraces (30 pourcents de leur poids en petits poissons et autres crustacés avalés chaque jour), les thons sont d’infatigables migrateurs se rassemblant parfois par milliers à la poursuite des bancs de sardines, d’anchois, de sprats, de maquereaux et de méduses dont ils se nourrissent.
On compte une douzaine d’espèces, la plus représentée en Méditerranée étant le thon rouge du nord (Thunnus thynnus), pouvant vivre 40 ans et dépasser les 200 kilogrammes.

> La tortue

La plus fréquemment rencontrée, la plus majestueuse, la tortue Caouanne (Caretta caretta). Plus rarement, est rencontrée la tortue verte (Chelonia mydas), ou encore la tortue Luth (Dermochelys coriacea). Et, d’une façon bien moins évidente, la tortue de Kemp (Lepidochelys kempii) et la tortue imbriquée (Eretmochelys imbricata).
La plus commune, la tortue Caouanne, possède une large tête enveloppant une mâchoire puissante nécessaire pour satisfaire son appétit vorace et carnivore (Poissons, crustacés, méduses, encornets). Elle passe toute sa vie dans l’eau, excepté au moment de la reproduction ou elle se hisse péniblement sur les plages afin d’y déposer ses œufs dont elle ne croisera plus jamais le chemin.

tortue

> Le puffin

Oiseaux marin pélagiques, proches de l’albatros, le puffin passe l’essentiel de sa vie en mer et ne vient à terre que la nuit, pour se reproduire. C’est un migrateur capable de parcourir quelques 40 000 milles (64 000 kilomètres), de la Nouvelle-Zélande à nos mers, à la recherche de nourriture.
Comme tous autres oiseaux marins, il possède des caractéristiques propres à ces derniers, le différenciant des oiseaux « terrestres » : Il a des pattes palmées, un plumage imperméable, une seconde paupière transparente pour aller sous l’eau, de grandes ailes par rapport à son corps, il se nourrit de poissons, et boit de l’eau salée.

tortue